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  • Sport Avenir Et Santé

Petites questions posées à Alain Bernard...

FSAA : Comment est votre santé aujourd'hui (après des années de haut niveau) ?

A.B. : En bonne santé, un corps usé par ces années de pratiques de natation mais globalement en forme. Des petits soucis liés aux épaules forcément ! des années de sollicitation ont eu raison du dos et des épaules ( tendinites – luxation, Le souvenir d’une blessure importante durant l’année 2017-2018 a demandé un travail conséquent de rééducation). Il est clair que le sport de haut niveau n’est pas bon pour la santé ! Il y a l’usure physique mais également psychologique !


FSAA : Quel (s) sport(s) pratiquez-vous aujourd'hui ?

A.B. : Plus de nage…de la course à pied et du squash. La musculation est aussi dans le quotidien pour maintenir le corps. Être grand demande une force musculaire et il est impératif de s’entretenir et ainsi prévenir les maux.


FSAA : Quelle était la part de la préparation physique dans vos entrainements ?

A.B. : La préparation physique est essentielle, une échappatoire et une complémentarité par rapport à l’eau. Les protocoles « santé » dans le sport de haut niveau demandent un test d’effort tous les 4 ans et une prise de sang annuel ! c’est trop peu. J'ai personnellement travaillé avec un médecin nutritionniste pour être en phase avec mes entrainements et ma condition physique, cet accompagnement durable m'a permis de prolonger ma carrière jusqu’à 30 ans au lieu de 25


FSAA : Quelles étaient vos motivations pour performer ?

A.B. : Le chrono ! la vitesse, le temps. Tous égaux dans la piscine, distance, eau, degré… seul le temps fait la différence. Le leit motiv = progresser techniquement et améliorer le chrono.


FSAA : Quelle est votre vision de la pratique sportive ?

A.B. : « Comment j’ai fait durant toutes ces années ? » où « Mais comment font ces sportifs ? » l’après fut la découverte du monde, de la vie en générale. Incroyable de se dire que l’on peut avoir du temps, des moments avec ses amis et même se coucher un peu tard ! Aujourd’hui je me consacre de manière bienveillante auprès des jeunes nageurs et travaille auprès de la Fédération Française de Natation pour développer des outils, des technologies pour la performance.


FSAA : Que pensez-vous des jeunes sportifs aujourd’hui ?

A.B. : Les jeunes sont de moins en moins patients, ils veulent tout, tout de suite. Ils vont trop vite. Ils souhaitent des sponsors sans même travailler leur performance. Il est évident que l’on ne vit pas de ce métier, cela reste rare. Pour ça il faut travailler et être bon, après on verra.


FSAA : Quel est votre meilleur souvenir ?

A.B. : La victoire au 100m à Pékin et lors de la dernière course pour les Championnat de France à Dunkerque en 2012. Malgré une sélection pour un remplacement, j'ai eu une standing ovation de la part du public. Moment intense de partage avec un public qui me félicitait en tant qu'athlète, m'encourageait et avait envie de me le dire !Inoubliable


FSAA : Que pensez-vous de la formation et du haut niveau ? l'après carrière ?

A.B. : Avec la FFN nous recensons les anciens SHN et les jeunes en double projet. Nous sommes là pour faciliter les démarches car beaucoup arrêtent les études et sont donc peu qualifiés. On ne peut pourtant pas les forcer mais il faut être capable de les accompagner dans leur projet de reconversion.


FSAA : 1 conseil pour nos futurs coachs ?

A.B. : Tout seul on arrive à rien, soyez passionnés, ouverts, curieux ! Partagez, échangez, écoutez et n’hésitez pas à observer, étudier ce que font vos paires. Travaillez !



Alain nous a promis que si ses obligations l’amenaient à Bordeaux, il viendrait sans hésiter à la rencontre des élèves de Sport Avenir Aquitaine ! le sport santé est une question primordiale et il faut travailler encore sur la question ! un futur moment de partage dont nous sommes déjà impatients !


Merci Alain pour nous avoir accordé ce temps fort agréable !